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vendredi 27 mars 2009

Place Mireille Sorgue

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Une place au nom de Mireille Sorgue a été ouverte. A partir de ses écrits publiés à ce jour - L'Amant, Lettres à l'amant - et de ses intérêts poétiques (Louise Labé, l'érotisme des troubadours, les Lettres à Lou d'Apollinaire, Aragon...) elle se veut un forum du sentiment et du discours amoureux.

Un autre blog a été créé en avril 2012 : Mireille Sorgue, autre regards (http://mireille-sorgue.blogspot.fr/ ).

Vendredi 11 mai 2012 le blog Place Mireille Sorgue a été envahi et effacé par malveillance. La place est en reconstruction. La raison de cette attaque fera l'objet d'un post dès qu'elle sera connue.

Parmi les premières contributions, un post sur la fin'amors:

Tous les écrits de Mireille Sorgue font entendre les échos de son attirance pour la parole des troubadours occitans (les hommes mais aussi les trobairitz féminines) et son affinité avec l’absolue singularité de cette lyrique courtoise. Quand elle se dit heureuse à douleur, quand elle parle de peine doucement dure, et encore de ce bonheur de vivre si poignant qu’il m’est douleur, on écoute Peire Rogier (le mal que j’ai de la peine à supporter me rend doublement heureux), Rigaut de Barbezieux (la joie m’est souffrance et le plaisir douleur) ou les battements du cœur désordonné d’Azalaïs de Porcairagues. Elle n’a pas pris leurs mots, les leurs et le siens se rencontrèrent. Leur asservissement à l’amour (ou je ne sais quelle autre disposition) la conduisit à suivre les cours de René Nelli à la faculté des lettres de Toulouse. Il avait publié cette année-là L’Erotique des troubadours (Privat, 1963). Qu’était la fin’amors, en quoi pouvait-elle captiver Mireille, et comment cet amour, inventé il y a près de mille ans, reste-t-il accroché, de génération en génération, dans les poitrines ?


Lire la suite ici

lundi 20 août 2007

La soif exigeante de Mireille Sorgue

 
Voici comme promis – et avec son accord – l’article de Geneviève Brisac sur Mireille Sorgue. C’est le genre de personnage qui pourrait soudain « réintéresser » toute une génération. Des textes existent, il faudrait les rééditer sans fard et sans falsification.

Les mots dessinent une silhouette. Une gamine de dix-sept ans pas résignée à sortir de l’enfance, fidèle aux arbres et aux livres, fière de sa gaucherie âpre, de ses genoux écorchés. Elle aime les êtres bourrus, moins suspects de triche, les défis qu’on se lance, les goûters de crêpes et la confiture d’abricot. Elle est sage, pas facile, hésitant entre le don absolu et la sauvagerie. Elle méprise les manières de fille, les coquetteries. Elle déteste la séduction, n’a pas de mots trop durs pour sa petite sœur qui papillonne. mireille-sorgue-a-21-ans.1187615821.jpgMireille Sorgue regarde flirter ses amies, trouve leurs émois dérisoires. Ses soucis sont d’un autre nature : elle veut tout apprendre. Son arme à elle, c’est l’intelligence. Les mots. « Il me semble que je suis possédée par un langage qui s’organise sans mon secours ». Elle aime les mystiques, les cathares, elle est folle et sage, bonne élève, fille aimante, sévère sœur aînée, elle étudie. Elle se nourrit d’Eluard, de Saint John Perse, de Rilke, de Louise Labé, de René Char. C’est une qui se lève à l’aube, une acharnée, soucieuse des harmonies du matin, qui s’en va seule à la rencontre du jour. Une qui croit à l’énergie, au courage grâce à quoi on a droit à sa part de vérité, de foi, à force d’entêtement. Mireille Sorgue rencontre l’amant. Un homme plus vieux qu’elle. Qui doit lui livrer des secrets. « Comment fait-on, dites, pour écrire juste ? ». Elle est apprivoisée, émerveillée qu’il puisse avoir besoin d’elle, de ses mots à elle. Dans les lettres de Mireille Sorgue, l’amant est bientôt le regard à quoi elle mesure, pointilleuse, honnête, ses efforts naïfs et émouvants pour être meilleure, plus exigeante, plus précise, plus forte. Il doit, pense-t-elle, lui apprendre à vivre, et aussi à « châtier cette langue rustique ». Il est d’abord le confident, la rassurance, un jour ils s’aiment. Dès lors elle n’a de cesse de lui faire offrande des mots de cet amour. Lui rendre le cadeau de ce corps découvert. Inlassablement. « Ce n’est que l’exactitude qui me fait forte ». Mireille Sorgue se révèle dans cette célébration intime – et impersonnelle aussi, comme le sont toujours les textes érotiques – un surprenant écrivain. On pense bien sûr à Colette, dont elle a l’appétit, la rigueur, la modestie, le goût des mots qui ont le parfum d’un aube, d’une myrtille, ou d’une tartine. Elle est toujours une gamine inquiète de sa prochaine dissertation, prête à potiner sur les tracas amoureux de sa copine Hélène, à dire des méchancetés, ou à poser des questions naïves, mais jambes tremblantes, cœur très lourd, Mireille Sorgue dit son corps de sable qui s’écoule, la soif inaltérable qu’elle bénit, le désespoir de « n’avoir pu nous abolir ». Elle dit : « J’ai peur comme une ville qu’on va prendre ». Au fil des mots, elle est de plus en plus belle, Mireille Sorgue. Tellement sérieuse dans sa recherche du bonheur de vivre. Poignante. 

Geneviève Brisac, Le Monde, 1985.


Un Cercle des amis de Mireille Sorgue est maintenant ouvert afin de reconstituer le vrai visage de Mireille Pacchioni, si déformé dans la présentation de ses oeuvres déjà parues, de publier de nombreux et magnifiques inédits, des photos ainsi que des témoignages. Si vous désirez rester informé, participer, ou laisser une contribution (souvenir, lecture) qui sera éventuellement publiée, veuillez pour l'instant utiliser cette adresse: place.mireille.sorgue@gmail.com


Un blog est ouvert : http://placemireillesorgue.blogspot.com/


Un second (ouvert en avril 2012) : mireille-sorgue.blogspot.fr



Le blog Place Mireille Sorgue a subi une attaque malveillante le 11 mai 2012 et supprimé. La Place est en reconstruction. La raison de cette attaque fera l'objet d'un post dès quelle sera connue.


 A.G.