mardi 18 novembre 2008

L’amour Villon (aux groseilles)

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Quel peut être le regard sur les femmes et sur la justice humaine de celui qui vient au monde l’année (1431), peut-être le mois (de mai) et, qui sait, le jour même (le 30) où Jeanne la bonne Lorraine est brûlée vive à Rouen ? François Villon, du premier vers du Lais au dernier de son Testament se plaint de deux enfermements, ses deux humiliations. La basse-fosse de Meung où le retint tout un été Thibaut d’Aussigny, le sombre évêque d’Orléans qui tant d’eau froide lui fit boire. Et la très amoureuse prison  Catherine de Vaucelles engeôla son existence, lui fit prendre des vessies pour des lanternes et de la bière trouble pour du vin nouveau. Si, toutes hontes bues, il reste du vrai au fond de ce qu’il nous conte.

Pourquoi fallut-il à Villon trotter en fuyte et deshonneur ? En 1455, François de Montcorbier est un escollier qui a terminé ses études, il a passé la « déterminance » – le baccalauréat – à dix-huit ans (déterminer une question équivalait à soutenir une thèse mais en une heure de temps), la licence à vingt-et-un et reçu son bonnet de maître ès arts libéraux. Le voilà, sans espoir et sans patience, dans la longue liste d’attente des bénéfices vacants ou des bonnes prébendes qui ne seront jamais le revenu des pauvres clercs. Il ne connaîtra les plaisirs d’un gras chanoine, étendu nu à nu, au chaud, avec Dame Sidoine, que par le trou d’une serrure. Il loge chez son parrain, Guillaume de Villon, chapelain de Saint-Benoît-le-Bétourné (le mal tourné : le chœur est à l’ouest). Au soir du 5 juin 1455, jour de la Fête-Dieu, il prend le frais – l’expression s’est installée dans les biographies, elle ne s’abîme pas – devant l’église, sur un banc de la rue Saint-Jacques en compagnie d’un prêtre, Gilles et d’une fille, Ysabeau. Pour Jean Favier, il a les pieds dans les pétales de roses répandus sur le chemin de la procession. Pour Pierre Champion, les roses n’avaient laissé que leur parfum dans l‘air. Francis Carco ajoute des marjolaines et des violettes blanches hors saison. Survient un autre prêtre, Philippe Sermoise. Mieux nanti, Sermoise avait-il été préféré à Villon par Catherine de Vaucelles ? Le chercheur (Dufournet) l’affirme mais le romancier (Carco) montre le prêtre jaloux d’avoir vu la jeune fille tenir la main de l’escollier. Il se précipite vers le banc – Maistre Françoys, je renie Dieu ! Je vous ay trouvé. Croyez que je vous courrouceray ! (c’est peut-être un dialogue proche du vrai, extrait des deux lettres de rémission accordées à Villon en janvier 1456). – Messire Philippe, de quoy vous courroucez-vous ? Vous tiens-je tort ? Gilles et Ysabeau ont filé, Sermoise déchire d’un coup de dague la lèvre supérieure de Villon, le sang coule, la cicatrice restera. Le blessé à son tour tire une lame de sa ceinture, frappe à l’aine, profondément, puis arrête un nouvel assaut d’un coup de pierre au front. Sermoise passe de vie à trépassement quelques jours plus tard à l’Hôtel-Dieu, il a demandé que maître François ne soit pas poursuivi. Sans attendre Villon a quitté Paris. Le pas est franchi.


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Le nom de Vaucelles n’apparaît qu’une fois, dans la Double Ballade qui déroule le cortège des célèbres amants maltraités à qui Villon emboîte le pas. De moy, povre, je veuil parler et il raconte comment il fut battu, tout nu, comme du linge à la rivière, il ne cherche pas à le cacher, sur l’ordre de Katherine de Vaucelles, qui lui fit mascher ces groselles (Testament, 657-661). On a su pourquoi la pomme devint le fruit interdit au moyen âge : elle était en latin homonyme du mal (malum). Mais l’énigme de ces groseilles reste en confiture. On nous donne, dans les éditions grand public, « subir un châtiment immérité » ou, littéralement, « être battu avec des branches épineuses de groseillier ». Jean Favier, biographe, ne commente pas. Dufournet (Recherches sur Villon) accepte le jeu de mots qui fait de vaucelles les petites vallées du corps féminin. Il cite le Jeu de la Feuillée (de la Folie) d’Adam le Bossu – au programme de l’agrégation 2009 : Mais Desirs les me [ou le me] fist gouster / A le grant saveur (la sauce) de Vauchelles, si bien qu’il doit se repentir. Mais qu’est-ce à dire ? Adam le Bossu avait étudié à l’abbaye de Vauchelles qu’il quitta pour avoir mis grosse sa prochaine femme. Ernest Langlois suppose, dans son édition, que l’internat de Vauchelles avait aiguisé sa sensibilité. De fait, cueillir des groseilles, a eu une connotation obscène et le nom de Vauchelles est pour la recherche anglaise bien salacious. Très clairement (fait remarquer Jelle Koopmans, université d’Amsterdam), mâcher groselles lâche son sens sexuel manifeste dans une des pièces réunies dans le Parnasse satyrique de Marcel Schwob : Se vous estiez sans chandelle / Dedans la venelle d’un lict / Et vous trouveriez ung gros vit / Vous croqueriés cette groselle ?/ Pour avoir la longueur ung pié / Radde comme ung menche d’espié. Koopmans parle d’une pâtisserie appelée « juge » : un roulé, déjà, à la confiture de groseilles.


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Mais, alors que l’on croit s’approcher – d’on ne sait trop quoi (Pour Pierre Guiraud,  Le jargon de François Villon, il est d’une limpidité parfaite que Katherine de Vaucelles représente le pénis) – Jelle Koopmans tente de nous persuader que les groseilles sont une maladie, une lèpre, une dermatose cachée qui entraîne le poète à rédiger son Testament !! Il rappelle que Macé Vaucelles utilisait au seizième siècle l’anagramme Mal au cul se cèle (recherches financées par l’Académie royale des arts et sciences). Reste à savoir que ces baies, dans leur sens littéral, ne sont pas nos petites groseilles rouges, mais les groseilles à maquereau, aux épines très acérées. Et que maquereau dérive de makk-, « frapper, contusionner », le sens apparaît en France à l’époque de Villon. Sortons de là.


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Une famille de Vaucelles habitait dans le quartier Saint-Benoît, une maison tenant à l’hôtel de la rose, près du puits de la Boucherie. Catherine était probablement une fille de bonne famille et qui en le faisant brutalement éconduire un jour, a joué un rôle important dans l’éclosion du talent de François Villon (André Lanly, Les femmes, leur rôle dans l’œuvre de Villon) !! Lanly trouve même qu’il s’est montré très injuste envers elle (en s’écriant Hé ! Dieu, si j’eusse étudié…J’eusse maison et couche molle) : c’est bien lui le fautif et non pas elle, l’insatiable, l’abuseuse, Catherine, qui pourtant le laissait se mettre contre elle (me souffroit acouter) avant de rire de lui, de l’obliger à rompre la vive soudure, de le faire appeler partout l’amant remis et renié. Aussi, il ne lui lègue ne cœur ne foie car elle préfèrerait une grande bourse de soie / Pleine d’écus et elle en a sans lui assez. Elle l’a chassé comme un souillon ? Il fanfaronne : Mes plus grands deuils en sont passés, / Plus n’en ai le croupion chaud. Il n’empêche, son martyr se prolongea jusqu’à la Ballade finale et quand il voulut partir de ce monde, L’époignait d’Amour l’aiguillon / Plus aigu que le ranguillon d’une ceinture. Or, de l’amour Villon, le tour n’est pas bouclé. Restent Rose, Marthe, Margot, Marion l’Idole, Ambroise de Loré et Shakespeare qui l’a beaucoup lu. Et que prit donc Will à Villon ? (à suivre).

Alain Garric

dimanche 2 novembre 2008

Nouvelles de Villon

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  Au cœur du passant qui regarde les livres dans les vitrines, ce titre va tout droit : Dernières recherches sur Villon (Honoré Champion, 2008), comme si demeurait toujours un espoir de le retrouver depuis qu’il avait eu trois jours pour quitter (vider) Paris, le 5 janvier 1463, sauf à être pendu. Il ne donna plus signe de vie, c’est la fin ressassée de sa courte histoire. Jean Dufournet avait déjà donné ses Recherches (1971) puis ses Nouvelles recherches sur Villon en 1980. Passent les siècles et les années, Villon est toujours actuel, comme la nuit (David Mus, un autre villonien – ou villoniste – ils sont tant et tant à vouloir déchiffrer ce qu’il nous a laissé : son Testament, à trente-deux ans).

Ce que je trouve de pis en lui, c’est qu’au lieu que les autres ont accoutumé de cacher leurs crimes, celui-ci en fit trophée… et prit encore le soin de les publier par écrit (Guillaume Colletet, 1650, un des premiers auteurs d’une Vie de François Villon). La légende du poète voyou et du « gai folâtre » était en marche, fondée sur une œuvre qui ne lui est plus attribuée, les Repues franches : les quatre cents coups de Villon qui à farcer se délectait et de ses compagnons qui n’avaient vaillant deux oignons. Le nom de Villon était déjà crotté avant les tribulations de François : Ceux sont villains qui font des villonies (Michel Taillevent, vers 1440). Sainte-Beuve a encore les pieds dedans : En remuant son fumier on y trouve plus d’une perle. Il en compta jusqu’à deux ou trois dans ses Causeries. Mais il commence à le tirer de là : Un des plus flagrants exemples de ces natures à l’abandon, incapables de toute conduite mais obstinément douées de l’étincelle sacrée, et qui sont et demeurent en dépit de tout des merveilles, presque des scandales de gentil esprit. C’est bien, scandales, ça fait penser au scandale de pureté nabokovien. Ce Villon était celui que connaissait Stevenson, il le prit longtemps pour un bad fellow. Il ne se serait pas engagé en toute confiance avec lui dans une rue sombre, ce sont ses propres mots. Ce fut aussi le Villon roi des vagabonds du Grand Opéra de Chicago (Villon the Vagabond, 1895) et de la comédie hollywoodienne (The Vagabond King, 1935 et 1956). De mauvais romans (Je, François Villon) l’ont condamné à perpétuité à ce rôle. Il leur crierait mercis. Et la Fortune le lui dirait encore : Par mon conseil prends tout en gré, Villon.


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Il commença à retrouver figure humaine avec les profonds villoniens, Auguste Longnon, Pierre Champion, Marcel Schwob, Tristan Tzara, ceux qui ont découvert ce qu’on connaît de sa biographie et que tout était réel (voire !) dans ses regrets, ses plaintes, ses rancunes. Schwob, le magnifique biographe des Vies imaginaires, s’attacha à ce personnage qui trouait la nuit, trompeur, dissimulateur, unique, aux qualités (perversité, lâcheté, mensonge) d’une âme parvenue à l’extrême différentiation. Pas de carte de visite. Schwob travaillait des heures dans le sous-sol des Archives de la rue des Francs-Bourgois. Plusieurs fois le garçon de salle le crut mort, la tête inclinée sur la poitrine (Jean Favier, François Villon, 1982). Et la mort interrompit (à 37 ans) les leçons qu’il donnait à la Sorbonne sur ce petit homme sec, noir, futé et prudent dont il avait suivi les pas dans les ruelles du vieux Paris. Mais rien n’y suffit, voilà comment celui qui a écrit les vers les plus désolés sur le plaisir et la mort est traité dans une Histoire de la littérature française en 9 volumes, en poche (nouvelle édition révisée 1997) : Villon est une petite frappe, sa poésie est trop  personnelle, il ne parle que de lui, c’est l’expression d’un moi omniprésent, envahissant…un m’as-tu-vu dirait-on. Villon semble n’avoir rien fait de notable, sauf ce qui est pendable. Et une mince œuvre littéraireun fatras souvent creux… un médiocre versificateur. Sans l’ingéniosité indue des commentateurs, qui verrait dans cette œuvre la « magie du langage » ? Des médecins le donnent dromomaniaque (envie irrépressible de marcher ? Pour obvier à ces dangers / Mon mieux est, ce crois, de partir. / Adieu ! Je m’en vais à Angers), claustrophobe (Dans sa prison de Meung ? Le laisserez là, le pauvre Villon ? Au Châtelet ? Engrillonné, nourri d’une miche et d’eau, le collégien Rimbaud plaida : Sire laissez-le courir, aimer et chanter), et enfin souffrant d’une alopécie congénitale (Villon avait été rasé, nez, barbe et sourcils / Comme un navet afin d’effacer sa tonsure et le priver de son état de clerc) !


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De moy, pauvre, je veuil parler (Testament v.657), ou Je, Françoys Villon, escollier (le début du Lais) : c’est bien ainsi, en s’écrivant (voire), que l’on devient le premier et le plus grand poète lyrique de France (Italo Siciliano). Son dernier vers, avant l’heure de quitter Paris : Etoit-il lors temps de moi taire ? Il parle de lui, mais rien de lui ne se laisse connaître. Villon compose en huitains d’octosyllabes : 8x8 = 64, le nombre des carrés blancs et noirs d’un échiquier. Le sens joue, par droites, angles et obliques entre la pure sonorité des cases de noms propres et de syntagmes. Antinomies, antiphrases, équivoques, allusions, significations superposées, mots à triple sens, anagrammes, acrostiches, oxymores, cocasseries, facéties, canulars profitent tous de la limpidité de la parole pour s’en donner à cœur joie. Ossip Mandelstam comparait  la superbe rythmique des Testaments qui tantôt jongle à la manière des bilboquets, tantôt s’attarde comme une cantilène d’église, et la maîtrise des bâtisseurs gothiques. Et comment savoir qui est qui dans ce vivant désordre, dans le défilé carnavalesque des héritiers de biens parodiques ? Qui est Pierre de la Dehors, Jeanne Haussecul, Robinet trascaille, l’amy Jaquet Cardon ? Qui appartient au clergé de Notre-Dame, qui est examinateur au Châtelet, greffier, notaire, bailli, échevin, sergent à verge, tavernier, chaussetier, maquereau, orfèvre ? De rechief, je laisse, en pitié / A trois petits enfants tous nus : Théophile Gautier croyait encore à l’existence de ces povres orphelins secourus par Villon. Ils étaient trois vieux spéculateurs sur le sel, ou usuriers. Jehan Marceau, prêteur sur gage, collabo des Anglais pendant leur occupation qu’il fournissait en armes, avait 58 ans en 1456, date du Lais (le titre joue avec le sens de chanson et celui de legs. De là le nom de Petit Testament que l'auteur, "absent de Paris" ne voulait pas). Villon leur laisse de quoi passer l’hiver. Maître Jacques James, qui se tue d’amasser biens, est un proxénète. L’école publique que le testateur donne à Marion l’Idole est une école de prostitution. Ainsi maître François (de Monterbier, de Montcorbier, des Loges, Villon ?), premier poète des temps modernes – commencés en 1453 - reste nouveau, aussi, par le travail des villoniens.


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Pour le plus connu, il y a du nouveau à propos des neiges : La roine blanche comme un lis / Qui chantoit à voix de seraine, / Berthe au grant pié, Bietrix, Alis, / Haramburgis qui tint le Maine, / Et Jeanne la bonne Lorraine / Qu’Anglois brûlèrent à Rouen, / Où sont-ils, où, Vierge souvraine ? / Mais où sont les neiges d’antan? Lorsque sa mère, qui habitait le quartier des Célestins, conduisit François chez Guillaume de Villon, chapelain de Saint-Benoit-le-Bétourné, dans le quartier de la Sorbonne, pour qu’il prenne en main son éducation et ses études, elle traversa la Seine à pied, le fleuve était pris dans les glaces. Cet hiver-là il neigea pendant quarante jours et quarante nuits, le linge gelait devant le feu. On compta jusqu’à cent-quarante oiseaux pétrifiés sur un seul arbre. En 1457-58, Villon avait vingt-six ans, la période de neige et de frimas s’étendit du 11 octobre à la fin février, le vin gela dans les tonneaux et l’encre dans les encriers. Où est-il ? Il n’est pas à Paris (la même absence que la précédente). A Bruxelles comme le suggère Rabelais ? En 1988, Herman Pleij, historien néerlandais publia De sneeuwpoppen von 1511, une étude sur la culture urbaine et les « poupées de neige » que les Bruxellois sculptèrent dans les rues de la ville. Non pas des bonhommes pour les enfants avec des carottes dans le nez mais des figures historiques et mythologiques. Bruxelles,  Tournai, Arras façonnent la Bonne Lorraine, la Grande Pucelle sur son bûcher de glace, Roland, Vénus et Sardanapale, Aristote et Phyllis, David et Bethsabée, Flora, et même un enfant qui urine, au jet figé… Ces fêtes de neige étaient organisées en Flandre, Hainaut, dans le Brabant, par les Classes de Rhétorique, par l’art de bien parler.  Alors Paul Verhuyck, pour le cinq-centième anniversaire de la publication du Testament, donne sa lecture littérale de la Ballade des dames du temps jadis (le titre est de Marot). Les neiges d’antan, c'est-à-dire les neiges de l’an passé [ante annum] étaient de vraies figures de neige.  « La reine blanche comme lis » est une reine de neige. Villon  a pu voir la neige Thaïs sur la place Maubert, la neige Héloïse au carrefour Saint-Michel, la neige Echo au bord de la Seine. Qui est bien, en effet, sous les glaces, comme le sont les étangs alentour : Echo, parlant quand bruit on mène / Dessus rivière ou sur étang. Une inquiétude métaphysique étonne les hommes, le temps est suspendu, il va reprendre sa fuite. Mais la métaphore disparaît, le réel brille. La confiance que Villon accorde à la littéralité constitue sa découverte, sa singularité (David Mus). La chair est proche : Corps féminin qui tant est tendre…Te faudra-t-il ces maux attendre ?

Shakespeare apporte une confirmation de ces personnages de neige que le printemps fait disparaître : Oh, que ne suis-je un roi de neige, un simulacre / Debout face au soleil de Bolingbroke/ Et fondre tout entier en gouttelettes d’eau (Richard II, IV, 1). D’ailleurs, William semble avoir connu par cœur son Villon. Sa Dark Lady  était déjà noire pour François. Il y a du nouveau. A suivre, un itinéraire amoureux.


Alain Garric